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Histoire de l’ACO et de l’orthopédie au Canada Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

En octobre 1943, les membres de la Montreal Orthopaedic Association conviennent de créer une association nationale. Le comité fondateur, composé des Drs J. Calixte Favreau, Robert I. Harris, Andrew P. MacKinnon, J. Appleton Nutter et J.-Édouard Samson, en rédige les règlements huit mois plus tard. La première réunion scientifique de l'Association Canadienne d'Orthopédie (ACO), nouvel organisme bilingue, a lieu à Montréal en juin 1945. Quelque 24 membres sont présents, certains arborant encore leur uniforme militaire. On établit alors que la formation en orthopédie est prioritaire, et des programmes sont créés à Montréal, Toronto et Vancouver.

Le Dr Robert I. Harris, en collaboration avec l'ACO, met en œuvre la première réunion conjointe des associations en orthopédie de langue anglaise, à Québec, en 1948. Le Dr Harris contribue aussi à la création de la prestigieuse Bourse de voyage américano-britanno-canadienne (ABC). Ces projets connaissent alors un énorme succès et demeurent populaires à ce jour.

Depuis sa création, l'ACO jouit d'une réputation enviable à l'échelle internationale. Elle nomme en outre des agents de liaison qui la représentent au sein de diverses institutions nationales et internationales œuvrant dans le domaine de l'orthopédie.

L'ACO entretient une relation privilégiée avec le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada. En effet, la formation, le perfectionnement et les compétences des orthopédistes figurent parmi les champs de compétence tant de l'ACO que du Collège. La collaboration entre ces deux entités est en outre exemplaire depuis le début, les deux reconnaissant le mandat de chacun et leur complémentarité.

Dans la foulée de l'apparition des diverses sous-spécialités, l'ACO a réussi à éviter sa fragmentation par la création de comités de sous-spécialités. L'ACO peut ainsi s'exprimer d'une voix forte et unie au nom de l'ensemble de la communauté orthopédique au Canada, que les questions portent sur l'éducation médicale continue (EMC), la structuration de centres de formation en orthopédie partout au pays ou encore la collaboration avec le Collège royal des médecins et des chirurgiens du Canada ou son homologue québécois sur des questions touchant les orthopédistes.

Histoire du sceau de l'ACO

COA_Logo_Big.gifÀ l'occasion de la 5e Réunion annuelle de l'ACO, tenue au Devil's Gap Lodge, à Kenora (Ontario), en juin 1949, le Dr Alexander Gibson a dévoilé le dessin du sceau et de l'écusson de l'ACO, tel que prévu dans la loi constitutive.

Le dessin met l'accent sur la nature de la spécialité de l'organisme, soit l'orthopédie, de même que sur la dualité propre à notre pays, soit ses origines françaises et anglaises, dont les deux symboles partagent la même tige.

Le sceau a reçu l'aval des membres en 1950, année de la présidence du Dr Gibson.

Histoire de l'insigne de fonction

À la réunion conjointe des associations en orthopédie de langue anglaise tenue à Londres, en 1952, Sa Majesté la Reine Elizabeth, Reine Mère, a fait cadeau à l'ACO d'un insigne de fonction.COA_Jewel.jpg

L'insigne de fonction de l'ACO comporte en son centre le motif très connu de l'arbre tors, gravure ornant le livre de Nicolas Andry, éminent physicien français, publié en 1741. Tels qu'interprétés par l'artisan, deux chérubins, sur fond vert foncé, encadrent l'arbre et représentent les fondements humains et spirituels des soins, qui doivent être mutuels entre médecin et malade. L'insigne est fait d'argent sterling et d'or neuf carats, sur fond d'émail vitreux.

L'insigne de fonction est surmonté d'une boucle reprenant des éléments du sceau adopté par l'ACO à l'initiative du Dr Gibson en 1948 : une fleur de lys sur une feuille d'érable. À sa base sont gravés les mots ORTHE PAEDEIA, accompagnés de l'information suivante : « Founded MCMXLVIII » (fondée en 1948). Un ruban or attaché à cette boucle permet de porter l'insigne à son cou.

Histoire des armoiries de l'ACO

COA_CoatArms.gifConçues par le Dr Robert B. Salter, O.C., membre de la Société royale héraldique du Canada, les armoiries de l'ACO ont été présentées aux membres en juin 1981.

Les armoiries de l'ACO montrent un heaume sur lequel repose l'arbre tors, symbole universel de l'orthopédie. Le tout est orné de feuilles d'érable rouges. L'arbre est attaché à un tuteur avec une corde dorée. Dans la partie supérieure du bouclier, on peut voir le drapeau canadien, auquel on a intégré une fleur de lys dorée en superposition à la feuille d'érable (d'après le sceau de l'ACO), les deux partageant la même tige. Les bordures rouges du drapeau comportent chacune un livre ouvert à tranche bleu foncé et couverture dorée (un symbole héraldique traditionnel de l'enseignement et de l'apprentissage). La partie inférieure du bouclier comprend quant à elle deux symboles dorés sur fond bleu foncé : le premier est un fémur avec têtes, qui illustre les tissus osseux avec lesquels l'orthopédiste travaille et, donc, qui représente les soins aux patients; le deuxième est un passe-partout, qui symbolise la recherche et constitue un ancien symbole héraldique désignant la résolution d'un mystère impénétrable.

En latin, la devise de l'ACO est la suivante : Pietate, Arte et Scientia Corrigere. Cela nécessite quelques précisions :

Le mot Pietate signifie « avec sollicitude », comme celle témoignée par le bon Samaritain, dans la parabole de l'Évangile selon saint Luc, lui-même médecin. Le mot Arte fait référence aux « compétences » de l'orthopédiste, et plus particulièrement ici à la dextérité et à la précision essentielles à une intervention orthopédique. Ensuite, Scientia signifie « connaissances », c'est-à-dire les connaissances scientifiques au cœur du diagnostic et du jugement de l'orthopédiste. Le verbe Corrigere, à la toute fin de la devise, insiste sur le fait que les orthopédistes « rectifient, redressent ou remettent en place », ce qui est l'essence même des traitements orthopédiques. Ainsi, on peut traduire la devise Pietate, Arte et Scientia Corrigere comme suit : « Avec sollicitude, compétence et connaissance, nous rectifions, redressons et remettons en place. »

Histoire de l'orthopédie

La pratique de l'orthopédie est une tradition qui remonte à une époque lointaine. Pourtant, le mot « orthopédie » n'existe que depuis 1741, année de la publication, à Paris, de l'œuvre en trois volumes de Nicolas Andry intitulée L'orthopédie ou l'art de prévenir et de corriger dans les enfants les difformités du corps. Le tout par des moyens à la portée des pères et des mères et de toutes les personnes qui ont des enfants à élever.

Ce terme a été créé à partir de deux mots grecs : ortho, qui signifie « droit », et pais ou paidos, qui veut dire « enfant ».

L'objectif de l'orthopédie était à l'origine de prévenir ou de corriger les difformités infantiles. La discipline a d'ailleurs pour emblème un arbre tors attaché à un tuteur, en analogie aux connaissances nécessaires pour corriger les difformités. L'image de l'arbre tors a depuis été adoptée par toutes les sociétés d'orthopédie locales, nationales et internationales.

Évolution de l'orthopédie

On convient généralement que les premiers recensements de conditions médicales pouvant être associées à des problèmes de l'appareil locomoteur sont dus à Hippocrate (de 460 à 355 av. J.-C.), dans ses écrits datant de 430 av. J.-C. environ. Encore aujourd'hui, on reconnaît sans hésitation la « méthode hippocratique » de réduction d'une épaule. Élève assidu en anatomie et en physiologie, Galien a poursuivi les travaux d'Hippocrate. Il faut ensuite attendre la Renaissance pour que reprennent les véritables études scientifiques. Vésale publie son grand traité d'anatomie en 1543. Ambroise Paré (1517-1590) décrit quant à lui la ligature des artères, mais aussi la luxation congénitale de la hanche. Toutefois, le chirurgien, surtout s'il a la réputation d'être un « orthopédiste », est vu comme un simple « mécanicien ».

L'orthopédie est abordée sous un nouveau jour au XVIIIe siècle, des figures mémorables comme Percival Pott, John Hunter, Astley Cooper et Nicolas Andry faisant diverses découvertes redonnant vie à la discipline. La chirurgie devient éventuellement plus sûre et moins souffrante : Morton introduit l'anesthésie en 1846, lord Lister découvre l'antisepsie en 1876, Macewen pratique la première greffe osseuse en 1879, et Lane pratique la fixation interne de fractures avec plaques et vis (ostéosynthèse) en 1892. Trois ans plus tard, Röntgen découvre les rayons X et la radiographie. Cette percée, l'une des plus importantes du tournant du siècle, est utilisée pour gérer les graves problèmes liés au traitement des fractures. Dès lors, les progrès réalisés en chirurgie sont phénoménaux et leurs répercussions, très vastes. Tant chez l'enfant que chez l'adulte, la chirurgie pratiquée sur l'appareil locomoteur, qu'il s'agisse des os, des articulations, des nerfs, des muscles, des ligaments ou des tendons, devient graduellement l'apanage de l'orthopédiste. Les ouvrages classiques de Whitman, Bradford et Lovett n'incluent toutefois pas les fractures, les blessures au système nerveux ni les amputations. Néanmoins, à la même époque, le chirurgien général anglais Arbuthnot Lane prône une technique chirurgicale combinant asepsie et ostéosynthèse, ce qui modifie radicalement les résultats obtenus dans le traitement des fractures.

À cette époque, on constate peu de progrès dans la gestion de la tuberculose. En effet, la majorité des hôpitaux pour enfants ont un nombre incroyable de cas d'infections tuberculeuses ostéoarticulaires et de poliomyélite. Ceux-ci sont non seulement évolutifs, mais ravageurs. C'est l'époque de Hugh Owen Thomas (traitement de la tuberculose articulaire et des traumatismes aux extrémités) et de son neveu, sir Robert Jones (soins aux enfants infirmes, blessures orthopédiques et réadaptation).

La Première Guerre mondiale est en quelque sorte la période qui précède la renaissance de l'orthopédie à titre de spécialité reconnue. De nouvelles techniques dans la gestion des fractures ouvertes et fermées, des amputations et des blessures au système nerveux font leur apparition. La contracture, l'adhérence et les difformités ont amené le perfectionnement des capacités en réadaptation, ce qui s'est traduit par de grandes améliorations dans le traitement des blessés et une percée majeure dans le traitement des traumatismes en général. Le domaine de l'orthopédie s'est graduellement ouvert, élargissant ses champs d'action entre autres à l'étude des techniques de greffe osseuse, à la chirurgie rachidienne, aux difformités congénitales, à la chirurgie reconstructive des articulations, à la reconstruction du pied bot, à la chirurgie des nerfs périphériques, aux hôpitaux de comté pour les tuberculeux, à l'arthrodèse et à la gestion des difformités dues à la poliomyélite.

Avec le recul, on réalise que la création de l'ACO coïncide avec une période d'accalmie après la Deuxième Guerre mondiale. C'est une période de découvertes et de progrès technologiques, marquée par un besoin criant d'instruction et d'une plateforme canadienne permettant d'échanger avec les sociétés orthopédiques bien établies ailleurs dans le monde.

Origines de l'orthopédie au Canada

Stimulées par la reconnaissance graduelle des compétences orthopédiques dans le traitement des fractures après la Première Guerre mondiale et le besoin d'hôpitaux pour les anciens combattants au pays, des cohortes de chirurgiens canadiens axent leurs efforts sur les troubles liés à l'appareil locomoteur. Comme il n'y a pas d'école canadienne en orthopédie, les chirurgiens vont se perfectionner dans différents centres en Angleterre, en Europe continentale et aux États-Unis. Les leçons tirées de la Deuxième Guerre mondiale permettent non seulement des avancées médicales remarquables, mais suscitent aussi davantage d'intérêt pour l'orthopédie à titre de spécialité chirurgicale.

C'est au cours d'une discussion, en octobre 1943, entre des membres de la Montreal Orthopaedic Society (présidée alors par J.-Édouard Samson) qu'on propose la création d'une association canadienne pour les orthopédistes. On crée donc un comité fondateur provisoire pour représenter le comité directeur provisoire jusqu'à la constitution légale de l'organisme. Le Dr J.-Édouard Samson est reconnu comme le premier fondateur de l'ACO. Le Dr J. Appleton Nutter, de Montréal, en est pour sa part le président, appuyé à la vice-présidence par les Drs Robert I. Harris (Toronto); Andrew P. MacKinnon (Winnipeg) et J.‑Édouard Samson (Lévis, Québec). Le Dr J. Calixte Favreau (Montréal) en est quant à lui le secrétaire-trésorier. Le comité fondateur provisoire tient une réunion le 24 mai 1944 à l'occasion de l'Assemblée annuelle de l'Association médicale canadienne (AMC).

La toute nouvelle Association Canadienne d'Orthopédie a en effet pris des dispositions pour tenir ses premières réunions annuelles conjointement avec l'AMC. La première réunion officielle de l'ACO a donc lieu au Mount Royal Hotel, à Montréal, les 12 et 13 juin 1945.

La réunion de 1946, organisée à Banff, et celle de 1947, à Winnipeg, a lieu conjointement avec l'Assemblée annuelle de l'AMC. La réunion de 1948, tenue à Québec, est quant à elle la première réunion conjointe des associations en orthopédie de langue anglaise (soit britanniques, canadiennes et américaines). À part la séquence renouvelée de réunions conjointes et d'une réunion conjointe avec l'American Orthopaedic Association (AOA), l'ACO tient depuis une réunion annuelle à titre d'organisme indépendant.

Pratique de l'orthopédie au Canada

L'orthopédie, plus que toute autre spécialité chirurgicale, a connu une évolution importante et s'avère un domaine particulièrement attrayant pour les jeunes chirurgiens, qui sont impressionnés par la nature reconstructive du travail, par la satisfaction que l'on tire de l'amélioration considérable d'articulations douloureuses, ainsi que par la possibilité de permettre aux handicapés de marcher.

Comme beaucoup d'autres branches de la médecine, nous devons faire plus avec moins. Nous souhaitons donc faire appel à votre patience et à votre compréhension alors que vous devez attendre longtemps avant d'obtenir un rendez-vous pour une consultation et une chirurgie.

La nature imprévisible des urgences peut perturber les heures de rendez-vous en consultation et les horaires du bloc opératoire, ce qui rend inévitables les délais associés à votre rendez-vous ou admission.

Nous nous excusons de la longueur des listes d'attente en orthopédie dans la quasi-totalité des hôpitaux canadiens. Nous essayons de faire un maximum d'interventions en clinique externe, mais la demande pour des soins en orthopédie est telle que le réseau est débordé. Notre gouvernement ne peut désormais plus se permettre d'augmenter les dépenses en santé et, malheureusement, certains de nos orthopédistes (parmi les meilleurs de la profession) quittent le réseau parce qu'ils ont l'impression d'y avoir les mains liées. Nous espérons donc que vous ferez preuve de compréhension alors que nous tentons de vous offrir les services orthopédiques les plus modernes et efficaces au monde.

La recherche visant accroître notre capacité à offrir des soins de qualité encore supérieure est constante. À la Réunion annuelle de l'ACO, quelque 200 précis sur des recherches cliniques et scientifiques sont présentés par des orthopédistes canadiens. Ceux-ci sont choisis à partir des travaux de recherche effectués dans les différents hôpitaux et établissements universitaires canadiens. Tous les ans, nous proposons de nombreux précis et conférences dans le cadre de colloques internationaux de premier plan, ce qui permet à nos orthopédistes et partenaires en recherche de faire des contributions originales à l'avancement du domaine, comme le traitement chirurgical des anomalies congénitales de la hanche, la greffe de tissus osseux provenant d'un donneur pour remplacer une articulation manquante, les analyses exploratoires des résultats postopératoires et la conception d'articulations nouvelles. C'est un orthopédiste canadien qui a introduit l'arthroscope en Amérique du Nord. Il figure d'ailleurs dans la liste des 20 personnes ayant le plus influencé le sport au XXe siècle du magazine Sports Illustrated.

Dernière mise à jour : ( 27-11-2005 )
 
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