Accueil arrow Services aux membres arrow Bulletin de l'ACO arrow Issue 74 arrow Info - Le conseiller fédéral sur les temps d’attente publie son rapport final
Info - Le conseiller fédéral sur les temps d’attente publie son rapport final Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Le conseiller fédéral sur les temps d’attente publie son rapport final

Doug Thomson
Directeur, Association Canadienne d’Orthopédie (ACO)

Ce n’est probablement pas le fruit du hasard si vous n’avez pas beaucoup entendu parler du Rapport final du conseiller fédéral sur les temps d’attente, rédigé par le Dr Brian Postl. Il est maintenant devenu une tradition pour le gouvernement de publier un rapport un vendredi précédant une longue fin de semaine de congé lorsqu’il souhaite éviter de le mettre en lumière. C’est ce qui s’est passé avec ce rapport fort utile étant donné qu’il a été publié juste avant la longue fin de semaine de la fête du Canada. Certains signes montrent clairement que le gouvernement Harper commence à délaisser discrètement son unique priorité annoncée en matière de soins de santé, soit les fameux temps d’attente garantis.

Le rapport du Dr Postl est néanmoins important et souligne que les temps d’attente constituent un problème systémique qui nécessite une solution systémique engageant tous les intervenants. En tant que membre de l’Alliance sur les temps d’attente (ATA)*, l’ACO soutient les recommandations du rapport, dont l’adoption de pratiques exemplaires pour les temps d’attente, notamment la création de centres régionaux d’excellence qui posséderaient une capacité en cas de crise, et l’adoption accélérée de technologies de l’information (TI). L’élaboration d’une stratégie de sensibilisation de la population aux temps d’attente constitue une autre recommandation sensée du rapport.

Le point le plus important que soulève le Dr Postl dans son rapport est peut-être le fait que, malgré toute l’importance des temps d’attente, on ne réaliserait que peu de progrès si l’on traitait cette question de façon isolée des autres éléments. Le rapport reconnaît que les temps d’attente font partie d’un problème beaucoup plus vaste. Le Dr Postl soutient que, pour créer un système de santé plus efficace et plus rentable, les Canadiens doivent appuyer une transformation qui place les patients au cœur du système. Selon l’auteur, cette transformation n’aura pas lieu à moins qu’on prenne dès maintenant des mesures dans les domaines suivants:

  • recherche continue pour appuyer l’analyse comparative et apporter des améliorations opérationnelles;
  • adoption de pratiques de gestion modernes;
  • accélération de la mise en œuvre des TI;
  • changement de culture chez les professionnels de la santé;
  • création d’une capacité des régions en cas de crise;
  • sensibilisation du public pour favoriser la transformation du système.

En fait, le milieu médical a déjà pris des mesures d’envergure pour s’engager efficacement dans les transformations du système qui améliorent l’accès des malades aux soins de santé. Le rapport souligne que «des points de repère fondés sur des éléments probants sont nécessaires pour la définition de garanties sur les temps d’attente», et l’ACO, par l’intermédiaire du Comité sur les normes nationales, a travaillé assidûment au cours des deux dernières années à la création de points de repère nationaux relatifs aux temps d’attente qui sont fondés sur les meilleures données probantes disponibles. Par l’intermédiaire du rapport final de l’ATA, intitulé Il est grand temps d’agir! Pour une meilleure gestion des temps d’attente grâce aux points de repère et aux pratiques exemplaires et publié en août 2005, l’ACO a également formulé des recommandations sur la façon d’améliorer efficacement la gestion des temps d’attente à tous les échelons. L’ATA reste dévouée à cette cause et travaille activement avec d’autres organismes et gouvernements pour améliorer l’accès aux soins de santé.

L’Accord de 2004 des premiers ministres avait comme grande faiblesse que le gouvernement se concentrait seulement sur ce qu’on appelle les cinq domaines prioritaires: le cancer, les maladies cardiaques, l’imagerie diagnostique, l’arthroplastie et la restauration de la vue. Les points de repère relatifs aux temps d’attente définis pour ces cinq domaines prioritaires sont valables, et on a réalisé des progrès dans ces domaines, mais, en se concentrant sur ceux-ci, on en a négligé d’autres où, comme nos membres ne le savent que trop bien, les temps d’attente sont longs et ne cessent d’empirer. Le Dr Postl aborde cette lacune dans son rapport en soulignant qu’il n’existe, par exemple, aucun point de repère relatif aux temps d’attente pour les enfants ni pour ce qu’il appelle les «maladies autrefois négligées». Contrairement aux «cinq interventions importantes », ces maladies, bien qu’importantes, n’ont pas fait partie de la première « catégorie prioritaire ». Ce dont on a peur, et ce qui est dangereux, explique le Dr Postl, c’est que les cinq problèmes de santé qui ont occupé toute la place dans les ententes établies au cours de la réunion des premiers ministres détourneront l’attention, les ressources et la technologie nécessaires ailleurs, laissant les « maladies autrefois négligées » dans l’ombre, sinon de façon permanente, du moins temporairement. Il s’agit là d’une situation à laquelle de nombreux membres de l’ACO qui pratiquent d’autres types d’interventions que des arthroplasties de la hanche et du genou sont malheureusement confrontés chaque jour.

Le rapport du Dr Postl méritait beaucoup mieux que d’être publié juste avant une longue fin de semaine. Nous invitons tous nos membres à en prendre connaissance.

Dernière mise à jour : ( 09-03-2007 )
 
< Précédent   Suivant >