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La Fondation Canadienne d'Orthopédie souhaite freiner la demande
Stuart Foxman
Collaboration spéciale, Fondation Canadienne d'Orthopédie
Pouvons-nous réduire considérablement la demande prévue pour des chirurgies orthopédiques d'ici 20 ans? Angelique Berg croit que oui. Mme Berg, directrice générale de la Fondation Canadienne d'Orthopédie, compte accroître l'accent sur la sensibilisation de la population, notamment sur les stratégies de prévention des blessures et liées à la nutrition et à l'activité physique. Comment la Fondation peut-elle catalyser un tel changement? Nous nous sommes entretenus avec Mme Berg afin d'en savoir plus.
La Fondation : La sensibilisation fait déjà partie de votre mandat, tout comme la collecte de fonds pour la recherche et les soins communautaires. Qu'est-ce qui a fait naître ce désir d'accorder plus d'attention à la sensibilisation?
Angelique Berg
Angelique Berg (A.B.) :
Il s'agit de gérer l'offre et la demande de façon à offrir des soins orthopédiques viables à tous les Canadiens. Le pays tout entier sait que nous sommes confrontés à un gros problème. En ce qui concerne l'offre, on peut déjà constater des progrès dans certaines provinces, grâce au leadership de l'Association Canadienne d'Orthopédie (ACO) ainsi que de la Décennie des os et des articulations. Nous nous sommes penchés sur l'aspect du problème que nous connaissons le mieux, soit la demande, c'est-à-dire les malades, et nous nous concentrerons sur la prévention des causes du recours aux soins orthopédiques.
La Fondation : Quel est le message principal que vous voulez communiquer aux Canadiens?
A.B. : Que les gens peuvent prendre des mesures concrètes pour garder des os et des muscles en santé et continuer de faire tout ce qu'ils veulent toute leur vie. L'activité physique, une bonne alimentation, le maintien d'un poids santé et le renforcement des os et des muscles permettent de garder tous les appareils du corps en santé et contribuent à prévenir les troubles et les blessures musculosquelettiques. En général, pour garder un appareil locomoteur sain, il suffit de faire les bons choix, et ceux-ci sont relativement faciles à faire.
La Fondation : Est-ce ainsi que vous présentez votre message?
A.B. : Nous avons adopté le thème « parce que vous le pouvez ». Nos messages font appel au sentiment de pouvoir et de satisfaction, ainsi qu'aux résultats positifs du changement. Faites de la santé des os et des articulations votre mode de vie, et vous en serez récompensé en vieillissant. Marchez, courez, dansez, faites du sport et bougez, parce que vous le pouvez! Nous évitons de dresser des listes de choses à faire et à ne pas faire. Tant de messages sur la santé sèment la crainte ou l'inquiétude par rapport à nos habitudes. Nous cherchons à susciter l'enthousiasme des gens et à les amener à prendre la résolution d'améliorer la santé de leurs os et articulations.
La Fondation : Comment communiquerez-vous ce message?
A.B. : De toutes les façons possibles, allant d'un guide sur la santé des os et des articulations à distribuer dans le cabinet des orthopédistes et des omnipraticiens à des modules de formation en classe, en passant par des campagnes de sensibilisation dans les médias. Pour notre part, nous jouerons un rôle de catalyseur auprès d'un certain nombre d'organismes, comme des associations professionnelles, d'autres organismes de bienfaisance, le gouvernement et des partenaires œuvrant dans le domaine des soins de santé, qui travaillent à réduire considérablement les causes du recours aux soins orthopédiques. Nous n'arriverons pas à changer le comportement de la population sans aide et, de toute façon, cela n'a jamais été notre intention.
La Fondation : À part les avantages pour la population, quelle incidence votre programme de sensibilisation aura-t-il sur le système de soins de santé?
A.B. : Examinons quelques données : chaque année, deux millions de jours à l'hôpital sont attribuables aux blessures, et l'incidence de ces dernières est double, comprenant les soins nécessaires sur-le-champ et le fait qu'on soupçonne qu'elles constituent un facteur important dans le développement de l'arthrite. L'arthrite, qui devrait toucher 6,4 millions de Canadiens d'ici 25 ans, est la quatrième maladie en importance sur le plan des coûts en santé. De plus, 1,4 million de personnes souffrent d'ostéoporose, maladie que l'on peut éviter par des activités et une alimentation renforçant les os. Ces données exercent une pression importante sur le système de soins de santé et ont des répercussions économiques énormes. En freinant la demande pour des soins ou des chirurgies orthopédiques, la Fondation peut assurer la viabilité du système de soins de santé.
La Fondation : Comment votre travail soutient-il les efforts des professionnels de la santé?
A.B. : Les renseignements et les ressources que nous offrons complètent les soins spécialisés donnés aux Canadiens dans les cabinets de médecin et les hôpitaux partout au pays. Nous voulons aider les gens à participer plus activement à l'amélioration de la santé des os et des articulations, et assumer une part de responsabilité dans l'obtention des meilleurs résultats possibles lorsqu'une chirurgie est nécessaire.
La Fondation : Vous vous êtes jointe à la Fondation après une carrière dans l'industrie pharmaceutique. Qu'est-ce qui vous attire tant dans ce domaine et dans le besoin d'une sensibilisation accrue à la santé des os et des articulations?
A.B. : Comme j'étais responsable, à mon ancien poste, de la commandite de la campagne Hip Hip Hourra! par notre société, je voyais directement à quel point les gens étaient heureux de retrouver leur mobilité. Après avoir joint l'équipe de la Fondation, j'ai écouté d'innombrables personnes ayant perdu leur mobilité me raconter leur expérience. Un homme de 54 ans qui ne pouvait pas rester debout assez longtemps pour se raser a dû attendre 2 ans pour une arthroplastie bilatérale de la hanche. Une jeune fille souffrant d'arthrite juvénile demande seulement à pouvoir patiner de nouveau. Un homme âgé ayant subi plus de 20 chirurgies et souffrant encore de douleurs chroniques dues à un accident de voiture veut seulement réussir à jouer une ronde de golf complète. Nous voulons tous être en mesure de faire les activités qui nous font nous sentir heureux, aptes, autonomes, importants et vivants. Lorsque nous ne pouvons pas les faire, c'est démoralisant. Je veux contribuer à changer cela.
La Fondation : De quelle façon les membres de l'ACO peuvent-ils soutenir la réduction de la demande visée par la Fondation?
A.B. : Ils peuvent nous appeler ou nous envoyer un courriel; leurs commentaires et points de vue sont essentiels à l'atteinte de nos objectifs. Ils peuvent nous mettre en contact avec d'autres organismes qui partagent nos objectifs pour nous aider à établir des partenariats. Ils peuvent parler de nos services, comme notre programme de soutien par les pairs, Connexion Ortho, et des ressources disponibles sur notre site Web, à http://www.canorth.org/, à leurs patients et à leurs collègues. Ils peuvent offrir dans leur cabinet des dépliants d'abonnement à notre bulletin pour leurs patients. Ils peuvent faire des dons et ainsi nous permettre d'améliorer nos programmes, que tant de gens trouvent précieux. Chaque membre peut nous aider. Ensemble, nous pouvons amener les Canadiens à changer de comportement et améliorer leur mobilité.
Vous pouvez communiquer avec Angelique Berg, directrice générale de la Fondation Canadienne d'Orthopédie, par courriel, à
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, ou par téléphone, au 1‑800-461-3639, poste 2.
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