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Nouvelles technologies – à la fois une bénédiction et une malédiction!
Emil H. Schemitsch, M.D., FRCSC Rédacteur en chef Toronto, Ontario En cette période des Fêtes, je me demande si mes voeux pour la Nouvelle année seront exaucés. De nombreuses personnes considèrent les nouvelles technologies comme des gadgets coûteux, même si elles peuvent changer radicalement la façon dont nous exerçons notre profession. C’est pourquoi l’avènement de nouvelles technologies représente à la fois une bénédiction et une malédiction. À mesure que nous découvrons de nouvelles méthodes pour traiter nos patients, nous nous sentons contraints de faire appel à ces nouvelles technologies onéreuses. Dans bien des cas, cette contrainte est tout à fait justifiée. Nous sommes désormais capables d’effectuer des chirurgies minimalement invasives et de recourir à la robotique, la chirurgie assistée par ordinateur, l’utilisation de substituts osseux, et l’imagerie moderne, bref, une véritable révolution dans le domaine de la chirurgie orthopédique. À cet égard, les chirurgiens orthopédistes canadiens ont toujours été des chefs de file à l’échelle internationale. Nous devons adopter, comprendre et apprendre à utiliser ces technologies nouvelles si nous voulons conserver notre position de meneurs et d’innovateurs dans ce secteur.
Toutefois, plusieurs questions demeurent sans réponse concernant l’avènement de ces nouvelles technologies. Quelle proportion de ces nouvelles technologies est fondée sur des données scientifiques? Avons-nous suffisamment de preuves pour passer à la mise en application de ces nouvelles technologies? La mise au point d’une approche fondée sur des résultats cliniques et scientifiques s’impose pour remplacer les méthodes de référence actuelles. Il est vrai que nous disposons de preuves substantielles quant à l’emploi des substituts osseux. Mais qu’en est-il des coûts? Pouvons-nous en justifier l’utilisation? Le problème majeur que posent les nouvelles technologies est qu’elles sont perçues différemment par le milieu hospitalier et le système de santé en général. On peut invoquer l’argument selon lequel l’utilisation de substituts osseux réduira la durée du séjour à l’hôpital et les éventuelles complications tout en améliorant le degré de satisfaction du patient. On demande souvent aux chirurgiens orthopédistes si ces améliorations entraîneront une diminution du nombre de lits d’hôpital pour réaliser des économies supplémentaires. Au niveau de l’administration locale de l’hôpital, ce rapport coût-efficacité offre peu d’avantages car la réduction de la durée des séjours à l’hôpital se traduira peut-être par un nombre accru de patients nécessitant une intervention chirurgicale avec, dans chaque cas, le recours éventuel à un greffon osseux coûteux. Cela pourrait représenter des dépenses considérables pour le budget global d’un hôpital. En revanche, pour le système de soins de santé en général, ce rapport coût-efficacité est tout à fait logique étant donné qu’un nombre plus important de patients reçoivent des soins, souvent avec un niveau de ressources semblable. Les patients sont ainsi en mesure de reprendre leur travail et de réintégrer la société plus rapidement après une chirurgie, avec moins de complications, moins d’hospitalisations répétées et un degré de satisfaction accru. Cette approche pourrait également avoir des répercussions positives importantes sur la réduction du temps d’attente pour les soins orthopédiques. Tout doit être mis en œuvre pour que le gouvernement emprunte cette nouvelle approche car celui-ci doit avoir à cœur les meilleurs intérêts de la société en général. Cela peut être aussi élémentaire que comprendre que l’on doit dépenser de l’argent pour épargner de l’argent. La création de partenariats avec notre industrie pour analyser la rentabilité de l’utilisation des nouvelles technologies pourrait être utile. Je pense qu’un effort soutenu de ce genre finira par être payant. Entre temps, en cette période de fin d’année, je vous souhaite à vous ainsi qu’à votre famille, un joyeux temps des Fêtes!
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